Mise en scène

Caroline Guignard

caroline Je travaille dans le milieu du théâtre romand comme professionnelle depuis 2006, après une formation de comédienne à l’Ecole du Théâtre des Teintureries, à Lausanne.
En 2007, je crée avec la comédienne Nathalie Pfeiffer la Compagnie Paradoxe qui verra naître son premier spectacle en janvier 2009 « Dis à ma fille que je pars en Voyage ». J’y interprète le rôle principal. S’en suivra « Femme de Prêtre », de Jean Naguel, créé au Festival d’Avignon 2010, puis repris jusqu’en 2012 sur les scènes
romandes et françaises. Je joue ensuite dans « Buvez-moi » de Nathalie Pfeiffer, et prochainement, dans « L’Aide-Mémoire » de Jean-Claude Carrière.
Je travaille donc à la fois comme comédienne, metteur en scène mais également comme costumière et chorégraphe de combats. J’ai une formation d’escrimeuse (escrime artistique) et j’ai eu la chance d’enseigner cette discipline durant trois ans. C’est là que j’ai compris combien la transmission d’un art fait partie intégrante de l’art lui-même.

Lorsque la Compagnie En-Visages m’a demandé de mettre en scène « L’Affaire de la Rue de Lourcine », ce qui m’a d’abord intéressée, c’est de faire un réel travail de fond avec ces comédiens amateurs.

Intentions de mise en scène

Je souhaite effectuer un travail de mise en scène mettant en valeur les personnages et le comique de situation. En outre, je désire mettre l’accent aussi bien sur le rythme soutenu de la pièce que sur les parties chantées, véritable défi pour les comédiens.
Pour respecter le rythme haletant du spectacle, j’aimerais jouer principalement sur les décors d’un petit salon avec, dans le fond, le cadre du lit duquel tombe l’un des protagonistes au début de la pièce. Les meubles pourraient se doter de roulettes permettant de changer les décors rapidement. Un ballet d’allées et venues qui illustre parfaitement l’état de confusion de Mistingue et Lenglumé à l’heure des nombreux quiproquos auxquels ils vont faire face.

Au comble de l’embarras, ils se mettront soudain à chanter. Les musiques choisies seront composées et accompagnées à la guitare par l’un de nos comédiens spécialement pour l’occasion. Il me semblait pertinent d’effectuer un travail de laboratoire pour ces chansons, afin de trouver, avec mes comédiens, les airs qui correspondent aux mieux à l’état de leurs personnages aux moments où ils chantent.

Esthétiquement, on se croirait au milieu du dix-neuvième siècle, par exemple, dans un tableau de Jean Béraud, mais habité par des personnages de Tim Burton. En d’autres mots, le décor se voudra assez réaliste, mais les personnages, eux, seront plus contrastés, voire monstrueux et déformés par leur nature profonde.

Ainsi naît la comédie de mœurs qui, à y regarder de plus près, vous fera certainement penser à votre voisin, votre facteur, un ami peut-être et qui, je l’espère, vous fera sourire parce que ces personnages sont avant tout de maladroits humains pris au piège de leurs faiblesses.